Mise à jour : 07 juillet 2026
Il y a 20 ans, le Darfour bouleversait déjà. À l’époque, une génération d’enfants avait été victime d'atrocités ou y avait survécu. Aujourd’hui, alors que la guerre au Soudan est dans sa quatrième année, l’histoire se répète : des enfants sont tué·es, des villages incendiés et les déplacements massifs de population s'intensifient.
Le nouveau rapport, intitulé « Darfour : 20 ans après, les enfants en danger », dresse un tableau alarmant de la situation actuelle au Soudan. Le conflit provoque à nouveau de nombreuses violences, une famine aiguë, la destruction des infrastructures et de graves violations des droits de l’enfant. Des millions d’enfants sont déplacé·es, tant à l’intérieur du Darfour qu’au-delà de la frontière avec le Tchad, où les structures d’accueil étaient déjà sous pression.
La crise est aujourd’hui encore plus grave qu’en 2005. La situation à Al Obeid et, plus largement, dans l’État du Kordofan du Nord, est particulièrement préoccupante. Depuis mai 2026, des frappes de drones et d’autres attaques auraient fait plus de 35 victimes parmi les enfants, dont au moins 18 tué·es et plus de 17 blessé·es. Selon les informations disponibles, les frappes de drones seraient responsables de 60 % de ces victimes, illustrant l’impact croissant de cette forme de guerre.
Les bombardements et attaques répétés ont également endommagé des infrastructures civiles essentielles, notamment des habitations, des écoles, des centres de santé, des réseaux d’approvisionnement en eau et des marchés. Ils perturbent les voies d’approvisionnement et fragilisent davantage l’accès aux services de base. Malgré les difficultés, nous continuons à prendre en charge et soigner les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. Parallèlement, nous fournissons de l'eau, soutenons les équipes médicales mobiles et les services de vaccination, et offrons une aide psychosociale aux enfants dans des espaces adaptés à leurs besoins.
« Les enfants sont pris·es au piège d’un cycle incessant de violence, de déplacements et de privations. Pour beaucoup, il n’existe plus aucun endroit sûr. Ils et elles sont tué·es ou blessé·es dans leurs foyers, sur les routes, dans les marchés ou lorsqu’iels tentent d’accéder à des services essentiels comme l’éducation ou les soins de santé », a déclaré Sheldon Yett, représentant de l’UNICEF au Soudan.